Vous maîtrisez le démarrage cold and dark. Vous savez programmer le MCDU, suivre un SID et poser un ILS sans sourciller. Et maintenant ?
Maintenant, les choses cassent.
Le Fenix A320 simule plus de 200 pannes individuelles -- d'une simple pompe carburant qui lâche jusqu'à l'extinction complète des deux moteurs. C'est l'un des systèmes de pannes les plus complets de tous les addons de simulateur de vol, et la plupart des gens n'y touchent jamais. C'est dommage, parce que gérer les urgences, c'est le moment où vous cessez d'être quelqu'un qui suit des checklists pour devenir quelqu'un qui comprend vraiment l'avion.
Ce guide vous accompagne à travers quatre scénarios de panne que tout pilote de simulateur devrait pratiquer. Pour chacun, nous verrons exactement comment le configurer dans l'EFB du Fenix, ce que fait l'avion quand la panne survient, ce que l'ECAM vous dit de faire, et -- tout aussi important -- la psychologie pour garder la tête froide quand un avertissement rouge remplit l'écran et qu'une sirène hurle dans vos oreilles.
Une note sur le réalisme : Tout dans ce guide concerne la simulation de vol. Les procédures sont basées sur les flux ECAM réels de l'A320 et la documentation Airbus, mais ce n'est pas de la formation de pilote réelle. Les vraies urgences impliquent la coordination de l'équipage, les procédures opérationnelles de la compagnie et des décisions en une fraction de seconde avec des vies en jeu. En simulation, vous pouvez mettre en pause, redémarrer et réessayer. Profitez de ce luxe.
Comment fonctionne le système de pannes du Fenix
Avant de casser quoi que ce soit, comprenons comment casser les choses volontairement. Le Fenix A320 vous offre deux façons de déclencher des pannes :
Méthode 1 : Pannes manuelles via l'EFB
Ouvrez l'EFB (la tablette sur le côté gauche du cockpit) et naviguez vers l'application Failures. Vous verrez une liste classée par catégorie de chaque système de l'avion -- électrique, moteurs, hydraulique, commandes de vol, navigation, et plus encore.
Cliquez sur n'importe quel élément pour le configurer. Vous avez deux options :
- Failed -- le composant tombe en panne immédiatement quand vous appuyez sur "Apply Changes"
- Arm Failure Condition -- définit un déclencheur pour que la panne survienne à un moment précis
Les pannes armées sont là où réside la vraie valeur d'entraînement. Vous pouvez déclencher une panne en fonction de :
| Déclencheur | Ce qu'il fait | Idéal pour |
|---|---|---|
| Above IAS | Tombe en panne quand vous dépassez une vitesse | Pannes en croisière |
| Above Alt AMSL | Tombe en panne au-dessus d'une altitude définie | Scénarios en montée |
| Below Alt AMSL | Tombe en panne en dessous d'une altitude définie | Urgences en approche |
| After Event | Tombe en panne à V1, au décollage ou à l'atterrissage | Pannes moteur au pire moment |
| After Time | Tombe en panne après un nombre défini de secondes | Effet de surprise |
L'EFB utilise des indicateurs colorés -- vert signifie en bon état, orange signifie armé, rouge signifie en panne. Vous pouvez filtrer la liste pour n'afficher que les éléments armés ou en panne.
Méthode 2 : Pannes aléatoires via le MCDU
Pour une expérience plus réaliste, allez dans MCDU MENU → Config → Random Failures. Ici vous pouvez configurer :
- Si les pannes sont limitées à celles qui sont survivables (vous pouvez encore rejoindre un aéroport de déroutement) ou incluent des pannes catastrophiques
- Si vous utilisez des taux de panne réalistes ou un taux accéléré où les pannes sont significativement plus susceptibles de se produire
C'est excellent pour les longs vols où vous voulez une vraie surprise. Vous ne saurez pas ce qui va tomber en panne ni quand. Mais pour l'apprentissage, restez avec la méthode EFB -- vous devez savoir ce qui arrive pour pouvoir étudier la bonne réponse.
Le système de maintenance
Après une panne, vous n'avez pas besoin de recharger l'avion. Allez dans MCDU MENU → Config et utilisez la fonction de maintenance. Cela simule une équipe de maintenance qui vient réparer l'avion, réinitialisant toutes les pannes pour que vous puissiez recommencer immédiatement.
Avant de commencer : Comprendre la philosophie ECAM
L'ECAM de l'A320 (Electronic Centralised Aircraft Monitor) est fondamentalement différent de la façon dont Boeing gère les urgences. Chez Boeing, l'équipage attrape le Quick Reference Handbook et travaille à partir d'une checklist papier. Chez Airbus, l'avion vous dit quoi faire.
Quand quelque chose tombe en panne, l'ECAM :
- Affiche le titre de la panne sur l'écran ECAM supérieur en rouge (avertissements) ou orange (mises en garde)
- Liste les actions requises en dessous, en bleu (automatiques) ou blanc (manuelles, nécessitant une action du pilote)
- Montre les systèmes affectés sur la page synoptique ECAM inférieure
- Génère une page STATUS avec les implications pour l'atterrissage (corrections de vitesse d'approche, distance d'atterrissage, systèmes perdus)
Votre travail est de suivre les actions ECAM de haut en bas, en appuyant sur le bouton CLR après chaque procédure terminée pour passer à la suivante. L'avion a déjà diagnostiqué le problème et vous indique la solution. Vous devez simplement l'exécuter -- calmement, précisément, et dans l'ordre.
Mais il y a une exception critique : les memory items (actions de mémoire). Pour une poignée d'urgences spécifiques, la situation est si critique en termes de temps que vous devez agir de mémoire avant de lire l'ECAM. Nous en rencontrerons deux dans ce guide.
| Memory Items de l'A320 |
|---|
| Incapacitation de l'équipage |
| Récupération de décrochage / Avertissement de décrochage au décollage |
| Windshear / Windshear Ahead |
| TCAS Resolution Advisory |
| EGPWS Pull Up |
| Perte de freinage |
| Descente d'urgence (Décompression rapide) ← traité ci-dessous |
| Indication de vitesse non fiable ← traité ci-dessous |
Scénario 1 : Panne moteur après V1
C'est le scénario pour lequel chaque pilote s'entraîne en premier, parce qu'il combine une charge de travail élevée avec une basse altitude et aucune marge d'hésitation. Vous accélérez sur la piste, vous avez dépassé V1 (la vitesse au-delà de laquelle vous êtes engagé à décoller), et un moteur lâche.
Configuration
- Ouvrez l'EFB → application Failures
- Trouvez Eng 1 failure (ou Eng 2 -- essayez les deux à terme)
- Sélectionnez Arm Failure Condition
- Choisissez After Event → V1
- Appuyez sur Apply Changes
Maintenant préparez un vol normal. Programmez le MCDU, obtenez vos vitesses de décollage, roulez jusqu'à la piste. La panne se déclenchera à l'instant où vous dépasserez V1.
Ce qui se passe
Au moment où le moteur tombe en panne, plusieurs choses vous frappent simultanément :
- Poussée asymétrique -- l'avion dévie vers le moteur en panne. Avec la pleine poussée de décollage d'un côté et rien de l'autre, le lacet est significatif
- Avertissements ECAM --
ENG 1(2) FAILapparaît en orange sur l'ECAM supérieur - Master Caution -- le voyant orange MASTER CAUT s'allume avec un simple carillon
- Perte de performances -- vous avez perdu environ la moitié de votre poussée. L'avion peut toujours voler et monter, mais tout se fait plus lentement
La psychologie : Piloter, Naviguer, Communiquer
C'est là que la plupart des pilotes de simulateur se trompent. Le moteur lâche, et ils regardent immédiatement l'ECAM. Ils commencent à lire les procédures alors que l'avion est à 15 mètres du sol, dérivant de l'axe de piste, avec le train encore sorti.
Ne faites pas ça.
La règle d'or, martelée à chaque pilote du monde réel, est : Piloter, Naviguer, Communiquer -- dans cet ordre.
-
Piloter -- pilotez l'avion. Contrôlez le lacet avec le palonnier. Maintenez le cap de piste. Effectuez la rotation à VR, cachez à 12,5° (le directeur de vol SRS vous guide). Taux positif -- train rentré. C'est votre seul travail jusqu'à ce que l'avion soit en montée stable.
-
Naviguer -- une fois établi en montée stable, maintenez le SID ou le cap de piste selon le cas. Vous pouvez engager le pilote automatique pour libérer votre cerveau pour le travail ECAM, mais vous devez d'abord stabiliser et compenser la gouverne de direction -- utilisez la cible beta sur le PFD pour centrer l'indicateur de dérapage, puis le pilote automatique gérera bien le vol monomoteur.
-
Communiquer -- dans le monde réel, vous informeriez l'ATC. En simulation, vous pouvez sauter cette étape, mais si vous êtes sur VATSIM, déclarez une urgence.
Ne touchez pas l'ECAM tant que vous n'êtes pas au-dessus de 400 pieds AGL, en montée stable, avec l'avion en configuration lisse. Ce n'est pas optionnel -- c'est la procédure standard Airbus. Les actions ECAM peuvent attendre. Le sol, non.
La procédure ECAM
Une fois stable et au-dessus de 400ft, travaillez l'ECAM :
| Étape | Action | Pourquoi |
|---|---|---|
| 1 | ENG MODE SEL → IGN | Passe en allumage continu pour un rallumage automatique |
| 2 | THR LEVER (affected) → IDLE | Réduit le débit carburant vers le moteur en panne |
| 3 | Attendre 30 secondes | Permet la tentative de rallumage automatique |
| 4 | Si pas de rallumage : ENG MASTER (affected) → OFF | Sécurise le moteur -- ferme les vannes carburant |
| 5 | Appuyez sur CLR sur l'ECAM | Efface la procédure, affiche la page STATUS |
La page STATUS vous indiquera vos nouvelles limitations : altitude maximale, corrections de vitesse d'approche, et tous les systèmes perdus avec ce moteur.
Que faire ensuite
Effectuez une approche monomoteur. Une fois compensé, l'avion se comporte bien -- le pilote automatique compense la poussée asymétrique, et les directeurs de vol vous donnent un guidage précis. Atterrissez normalement, mais sachez que vos performances de remise de gaz sont significativement réduites. Engagez-vous sur l'atterrissage.
Conseil d'entraînement : Faites ce scénario 5 fois. La première fois, vous tâtonnerez. À la cinquième, votre schéma de balayage -- piloter l'avion, vérifier la montée, puis travailler l'ECAM -- sera automatique. C'est l'objectif.
Scénario 2 : Feu moteur
Une panne moteur, c'est grave. Un feu moteur, c'est pire. Le moteur n'est pas seulement en panne -- il brûle, et vous devez le couper, l'isoler et décharger un extincteur, tout en maintenant l'avion en vol. La procédure ECAM est plus longue, les enjeux semblent plus élevés, et le carillon d'avertissement continu ajoute un stress bien réel.
Configuration
- Ouvrez l'EFB → application Failures
- Trouvez Eng 1 fire extinguished with 1 bottle (commencez par celui-ci -- il est éteint avec une bouteille)
- Choisissez quand le déclencher :
- After Event → Takeoff pour un feu au départ
- Above Alt pour un feu en croisière
- After Time pour une surprise
- Appuyez sur Apply Changes
Une fois à l'aise avec les feux extinctibles, essayez Eng 1 inextinguishable fire. Cela vous force à décharger les deux bouteilles et à gérer un feu qui ne s'éteint pas -- ce qui change radicalement votre priorité d'atterrissage.
Ce qui se passe
ENG 1(2) FIREapparaît en rouge sur l'ECAM supérieur -- c'est un avertissement de Niveau 3, la priorité la plus élevée- Master Warning -- le voyant rouge MASTER WARN clignote avec un carillon répétitif continu (CRC). C'est fort et volontairement stressant
- Voyant d'alarme feu -- le bouton-poussoir
ENG FIREsur le piédestal central s'illumine en rouge
La psychologie : Le problème de la sirène
Le carillon continu est conçu pour exiger votre attention, et ça marche. En simulation, votre premier instinct sera de le faire taire. Cet instinct est correct -- mais la façon dont vous le faites taire compte.
N'appuyez pas sur des boutons au hasard pour couper l'alarme. L'alarme feu s'arrête quand vous poussez le bouton-poussoir ENG FIRE dans le cadre de la procédure. Si vous le poussez trop tôt, avant d'avoir sécurisé le moteur, vous avez fait les étapes dans le désordre et risquez de manquer des actions critiques.
Respirez. Le feu ne va pas détruire l'avion dans les 10 prochaines secondes. Vous avez le temps de bien faire les choses.
Les pilotes du monde réel décrivent les procédures feu comme nécessitant une "hâte délibérée" -- agissez avec détermination mais pas avec panique. Chaque action est vérifiée : vous annoncez ce que vous allez faire, confirmez que c'est la bonne action, puis vous l'exécutez. En simulation, dites-le à voix haute. "Engine master one -- confirm -- off." Ça a l'air ridicule seul dans votre chambre, mais ça construit l'habitude de la vérification.
La procédure ECAM
Le feu moteur n'est pas un memory item, mais Airbus indique : "N'attendez pas pour appliquer la procédure feu moteur." Travaillez l'ECAM immédiatement :
| Étape | Action | Pourquoi |
|---|---|---|
| 1 | THR LEVER (affected) → IDLE | Réduit le carburant alimentant le feu |
| 2 | ENG MASTER (affected) → OFF | Ferme les vannes carburant, coupe le moteur |
| 3 | ENG FIRE P/B (affected) → PUSH | Coupe l'alarme feu, arme les bouteilles extincteurs, ferme la vanne carburant BP, les vannes hydrauliques et de prélèvement, coupe l'alimentation FADEC, désactive l'IDG -- isole complètement le moteur |
| 4 | Attendre 10 secondes | Permet au moteur de ralentir en moulinet, améliorant l'efficacité de l'extincteur |
| 5 | AGENT 1 → DISCH | Décharge la première bouteille extincteur dans la nacelle moteur |
| 6 | Attendre 30 secondes | Vérifier si l'avertissement FIRE disparaît |
| 7 | Si le feu persiste : AGENT 2 → DISCH | Décharge la seconde (et dernière) bouteille extincteur |
Ce que fait réellement le bouton-poussoir ENG FIRE (tout cela se produit avec une seule pression) :
- Coupe l'alarme sonore feu
- Arme les allumeurs des bouteilles extincteurs
- Ferme la vanne carburant basse pression
- Ferme la vanne coupe-feu hydraulique
- Ferme la vanne de prélèvement moteur
- Ferme la vanne de contrôle de débit du pack
- Coupe l'alimentation FADEC
- Désactive l'IDG (Integrated Drive Generator)
C'est le bouton "tout isoler". C'est pourquoi il est protégé -- vous ne voulez pas le pousser accidentellement.
Extinctible vs. Inextinctible
Si le feu s'éteint après AGENT 1, l'avertissement FIRE disparaît, le carillon s'arrête, et vous continuez avec un déroutement monomoteur normal. Si vous avez configuré un feu inextinctible, l'avertissement persiste après les deux agents. Dans ce cas, vous devez atterrir dès que possible -- la piste appropriée la plus proche devient votre seule priorité.
Scénario 3 : Décompression rapide
Vous êtes à FL370, à mi-parcours de la croisière, et l'altitude cabine commence à monter rapidement. Les masques à oxygène tombent. L'ECAM passe au rouge. C'est l'une des urgences les plus spectaculaires en aviation, et c'est l'un des scénarios de memory items de l'A320 -- ce qui signifie que vous agissez d'abord, vous lisez ensuite.
Configuration
- Ouvrez l'EFB → application Failures
- Trouvez Rapid decompression
- Armez avec Above Alt AMSL → 30000 (ou quand vous voulez la surprise)
- Appuyez sur Apply Changes
Alternativement, utilisez After Time avec un long délai pour oublier que ça va arriver.
Ce qui se passe
CAB PR EXCESS CAB ALTapparaît en rouge -- avertissement de Niveau 3- Master Warning avec carillon continu
- L'altitude cabine monte rapidement -- visible sur la page ECAM PRESS
- Dans le vrai avion, il y aurait un bang sonore, du brouillard dans la cabine dû à la condensation, et des objets volant partout. Le simulateur vous donne les avertissements et les instruments -- vous devez imaginer le chaos.
La psychologie : Le temps de conscience utile
Ce scénario a une contrainte physiologique réelle qui le rend particulièrement urgent. À FL370, une décompression rapide vous donne environ 15 à 30 secondes de conscience utile sans oxygène supplémentaire. Ce n'est pas une erreur -- la décompression rapide réduit le temps de conscience utile de la moitié environ par rapport à une fuite lente. Passé ces secondes, l'hypoxie dégrade votre pensée, votre vision se rétrécit, et vous perdez la capacité d'agir rationnellement -- souvent sans vous en rendre compte.
En simulation, vous ne ressentirez pas l'hypoxie. Mais vous devriez quand même traiter cela avec l'urgence que ça exige, parce que l'habitude compte. Quand l'alarme se déclenche :
- Le masque d'abord. Avant tout. Avant de regarder l'ECAM. Avant de parler à l'ATC. Masque en place, oxygène en débit, communication établie par l'interphone.
- Puis descendez. Chaque seconde en haute altitude est une seconde où vos passagers respirent de l'air raréfié. Les masques à oxygène passagers se déploient automatiquement à 14 000 pieds d'altitude cabine (vous pouvez les déployer plus tôt), mais les générateurs chimiques d'oxygène en cabine ne durent qu'environ 12 à 22 minutes. Vous devez être à une altitude respirable avant qu'ils ne s'épuisent.
C'est pourquoi la décompression rapide a des memory items -- il n'y a pas le temps de lire.
Les Memory Items
Ils sont exécutés entièrement de mémoire, avant de toucher l'ECAM :
Vos actions (en tant que PF -- Pilot Flying) :
| Étape | Action |
|---|---|
| 1 | CREW OXY MASKS → ON, établir la communication interphone |
| 2 | SPEED BRAKES → FULL |
| 3 | Poussée → IDLE |
| 4 | Piquer pour la vitesse maximale appropriée, viser FL100 |
Actions PM (Pilot Monitoring) -- faites-les vous-même en simulation :
| Étape | Action |
|---|---|
| 1 | SIGNS → ON (signaux ceintures) |
| 2 | ENG MODE SEL → IGN (allumage continu -- les moteurs peuvent s'éteindre en air raréfié) |
| 3 | Notifier l'ATC -- EMERGENCY DESCENT |
| 4 | SQUAWK → 7700 |
| 5 | Si l'altitude cabine dépasse 14 000 pieds : PAX OXY MASKS MAN ON → PUSH |
La descente
Vous visez un taux de descente d'environ 7 000 pieds/min -- poussée au ralenti, aérofreins à fond, vitesse élevée. Le pilote automatique peut gérer cela ; affichez FL100 (ou votre MORA si le terrain est plus élevé) sur le FCU, tirez le bouton d'altitude, et laissez l'avion descendre.
Pourquoi FL100 ? En dessous de 10 000 pieds, la pression atmosphérique est suffisante pour respirer normalement sans oxygène supplémentaire. C'est l'altitude "sûre" universelle pour les événements de décompression.
Une fois en palier à FL100, traitez les actions ECAM restantes et planifiez votre déroutement. Vérifiez la page STATUS pour les limitations système causées par ce qui a brisé l'enveloppe pressurisée.
Conseil d'entraînement
Les memory items sont la partie difficile. Répétez-les au sol -- asseyez-vous dans le cockpit, dites les actions à voix haute, touchez les interrupteurs. Faites-le cinq fois avant même de tenter le scénario en vol. Quand l'alarme se déclenche à FL370, vos mains doivent savoir où aller sans que votre cerveau ait besoin de chercher.
Scénario 4 : Vitesse non fiable
C'est l'urgence la plus difficile psychologiquement de cette liste. Pas de bang, pas de feu, pas de drame évident. Au lieu de cela, vos instruments commencent à vous mentir -- et vous ne vous en rendez pas forcément compte immédiatement.
Les scénarios de vitesse non fiable ont causé des accidents réels, notamment le vol Air France 447 en 2009, où le givrage des tubes pitot a conduit à des indications de vitesse contradictoires que l'équipage n'a pas pu résoudre. Les procédures de l'A320 pour ce scénario ont été considérablement révisées après cet accident.
Configuration
- Ouvrez l'EFB → application Failures
- Trouvez Pitot blocked Capt (ou F/O, ou Standby -- ou plusieurs pour un maximum de confusion)
- Armez avec Above Alt AMSL ou After Time
- Appuyez sur Apply Changes
Pour un scénario plus avancé, bloquez deux sources pitot simultanément. Cela rend plus difficile l'identification de l'indication correcte.
Ce qui se passe
Les symptômes dépendent des pitots bloqués et du moment :
- Les indications de vitesse divergent -- le PFD du commandant affiche une vitesse, celui du copilote en affiche une autre
NAV ADR DISAGREEpeut apparaître en orange -- ou pas. Si tous les pitots sont bloqués de façon identique (rare mais possible), l'ECAM peut ne rien afficher du tout- Déconnexion du pilote automatique -- les lois de commande de vol peuvent se dégrader quand l'avion détecte des données aérodynamiques contradictoires
- Des avertissements de décrochage ou de survitesse peuvent se déclencher -- et ils peuvent être faux. C'est la partie dangereuse : l'avion pourrait vous dire que vous êtes sur le point de décrocher alors que vous volez en réalité trop vite, ou inversement
La psychologie : Quand vos instruments mentent
Toutes les autres urgences de cette liste ont un signal clair : un moteur s'arrête, un feu se déclare, la cabine se dépressurise. Vous savez ce qui ne va pas, et l'ECAM vous dit quoi faire.
La vitesse non fiable est différente. Le problème est l'incertitude. Vous ne pouvez pas faire confiance à votre instrument de vol principal -- celui que vous scrutez toutes les quelques secondes pendant tout le vol. Votre formation, vos instincts et votre schéma de balayage reposent tous sur des indications de vitesse précises. Quand elles ne le sont pas, vous pouvez vous retrouver à poursuivre la vitesse -- cabrer parce que l'affichage dit que vous allez trop vite, ce qui vous ralentit réellement, ce qui déclenche un avertissement de décrochage, ce qui vous fait piquer...
L'équipage du vol Air France 447 est entré dans cette spirale. Ils ont eu trois minutes en altitude avec des instruments dégradés et n'ont pas réussi à établir un contrôle basique de l'avion. La procédure Airbus existe désormais spécifiquement pour briser cette spirale.
L'antidote est d'une simplicité brutale : ignorez la vitesse. Pilotez en assiette et puissance.
Un A320 à un poids donné, dans une configuration donnée, à une altitude donnée, volera à une vitesse prévisible si vous réglez une assiette connue et un réglage de poussée connu. Vous n'avez pas besoin de l'indicateur de vitesse pour piloter l'avion. Vous avez besoin de l'assiette (indicateur d'attitude -- alimenté par l'ADIRS, pas les tubes pitot) et de la puissance (jauges N1 -- toujours fiables).
Les Memory Items
La vitesse non fiable est l'un des memory items de l'A320. Agissez d'abord :
| Étape | Action | Pourquoi |
|---|---|---|
| 1 | AP → OFF | Le pilote automatique utilise des données erronées -- déconnectez-le |
| 2 | FD → OFF | Les directeurs de vol utilisent aussi des données erronées -- retirez-les de votre balayage |
| 3 | A/THR → OFF | L'auto-poussée poursuit une vitesse qui est peut-être fausse |
| 4 | Réglez assiette et poussée de mémoire | Voir le tableau ci-dessous |
Valeurs de référence d'assiette et de poussée
Ces valeurs vous donnent une vitesse sûre et volable sans avoir besoin de l'indicateur de vitesse :
| Phase de vol | Configuration | Assiette | Poussée (N1) |
|---|---|---|---|
| Après décollage | Train rentré, Volets 1 | ~15° | TOGA/FLX |
| Montée | Lisse | ~5° | Cran CLB |
| Croisière (poids moyen, sous FL240) | Lisse | ~2° | ~60% N1 |
| Approche | Config 3 / Full | ~3-4° | ~55% N1 |
Ces valeurs sont approximatives -- les valeurs exactes dépendent du poids et de l'altitude. Le QRH (Quick Reference Handbook) contient des tableaux détaillés, et le Fenix modélise cela avec précision.
Après les Memory Items
Une fois que vous pilotez en assiette et puissance :
- Recoupez les trois sources de vitesse -- PFD du commandant, PFD du copilote, et les instruments de secours (les petits instruments ronds au centre du glareshield). Les instruments de secours ont leur propre source pitot indépendante.
- Identifiez quel ADR est en panne -- si deux sources concordent et une diffère, celle qui diffère est fausse
- Coupez l'ADR en panne -- interrupteur
ADR 1,2, ou3sur OFF sur le panneau supérieur - Si toutes les sources sont suspectes -- coupez tous les ADR. Cela active le BUSS (Back-Up Speed Scale) sur les deux PFD. Le BUSS dérive la vitesse à partir de l'angle d'attaque plutôt que de la pression pitot, donc il fonctionne même avec des pitots complètement bloqués. Note : le BUSS ne fonctionne qu'en dessous de FL250 -- il ne peut pas prendre en compte les effets de Mach aux altitudes supérieures, donc descendez d'abord si vous êtes au-dessus de ce niveau.
Conseil d'entraînement
Ce scénario récompense la pratique répétée plus que tout autre. La première fois, vous serez submergé -- les indications contradictoires, le possible avertissement de décrochage, l'envie de poursuivre la bande de vitesse. À la troisième tentative, vous aurez les memory items en tête, vous ferez confiance à l'assiette et la puissance, et le scénario deviendra gérable. Cette transformation de la confusion à la confiance est exactement ce que vivent les vrais pilotes au simulateur.
La psychologie de la réponse d'urgence
Les quatre scénarios partagent un fil conducteur : la différence entre une bonne réponse et une mauvaise est rarement une question de connaissances techniques. C'est de la régulation émotionnelle.
L'effet de surprise
Quand une panne se déclenche -- surtout une que vous avez armée et oubliée -- votre corps réagit avant votre cerveau. Le rythme cardiaque s'accélère. L'attention se resserre. La motricité fine se dégrade. C'est l'effet de surprise (startle effect), et c'est la même réaction que vivent les vrais pilotes.
En simulation, vous pouvez utiliser cela à votre avantage. Chaque fois que vous pratiquez une panne et ressentez ce sursaut de surprise, vous entraînez votre cerveau à reconnaître la réaction de surprise et à la dépasser plus vite. Le premier feu moteur pourrait vous laisser figé pendant 5 secondes. Au dixième, vous tendez la main vers la manette des gaz avant que le carillon ait fini son premier cycle.
La règle des 5 secondes
Quand une alarme se déclenche, accordez-vous 5 secondes avant de faire quoi que ce soit. Pas 5 secondes à ne rien faire -- 5 secondes d'évaluation :
- Que fait l'avion en ce moment ? (Vole-t-il ? Tourne-t-il ? Descend-il ?)
- Que dit l'ECAM ? (Rouge ou orange ? Quel système ?)
- Est-ce une situation de memory item ? (Apprenez la liste -- voir ci-dessus)
Ces 5 secondes empêchent les erreurs réactives -- appuyer sur le mauvais bouton feu, tirer le mauvais engine master, ou cabrer jusqu'au décrochage parce qu'un faux avertissement vous a fait peur.
Lentement c'est fluide, fluide c'est rapide
Chaque action en urgence doit être délibérée. Annoncez ce que vous allez faire avant de le faire -- même seul en simulation. "Engine master one -- confirm -- off." Cette annonce verbale force votre cerveau à vérifier l'action avant que votre main ne l'exécute. Ça ajoute 2 secondes par action. Ça vous empêche de couper le mauvais moteur, ce qui est une erreur qui a causé des accidents réels.
Construire la confiance par la répétition
La vraie valeur du système de pannes du Fenix n'est pas la montée d'adrénaline -- c'est la confiance qui vient d'avoir déjà vu le scénario. Quand vous avez géré 20 feux moteur, le 21e ne vous fait plus peur. Vous avez vu l'ECAM, vous connaissez le flux, et vos mains savent où aller.
Cette confiance est tout l'intérêt de l'entraînement au simulateur -- réel comme virtuel.
Quoi pratiquer ensuite
Une fois à l'aise avec ces quatre scénarios, le Fenix vous offre plein d'autres choses à explorer :
- Double panne hydraulique -- combinez des fuites des circuits Blue et Green pour des commandes de vol dégradées
- Loi alternate / Loi directe -- le Fenix peut simuler des lois de commande de vol dégradées, supprimant les protections normales qui empêchent les décrochages et les surcharges structurelles
- Sortie du train par gravité -- armez une panne de train bloqué et pratiquez la procédure de sortie du train par gravité
- Double panne moteur -- le scénario ultime. Les deux moteurs en panne. Vous êtes un planeur maintenant.
- Pannes aléatoires -- une fois que vos procédures individuelles sont solides, passez au mode de pannes aléatoires du MCDU et gérez tout ce que l'avion vous envoie
Le Fenix A320 a plus de 200 pannes disponibles. Vous ne serez jamais à court de choses à casser.
